Rallye Classico Isla Mallorca 12-14 mars 2020

— Texte : Hamish Goddard / Photo : G. Westphal Yacht Photography —

À propos de Majorque, du coronavirus et du XVIe Rallye de Majorque Clasico

Dans la Grande-Bretagne des années 1960 marquée par de grosses difficultés économiques, l'ancien Premier ministre Harold Wilson a dit un jour qu'une semaine, en politique, c’est une longue période. Apparemment, même une heure c’est assez long, jusqu’à ce qu’on se décide enfin à faire des annonces spectaculaires autour de la pandémie de coronavirus... Bref, tous les paris sont ouverts, entre le moment où nous essayons de deviner à quoi ressemblera la situation et celui où ce magazine parviendra effectivement entre les mains fréquemment lavées de ses lecteurs.

D'un point de vue local - outre le fait que la quasi-totalité des toilettes publiques de l'île ont complètement cessé de fonctionner vers la mi-mars - il y a eu cette triste annonce : le Palma Superyacht Show a été reporté au mois de juin, même si au fond, cela tombe bien, dans la mesure où cette annonce a été faite bien avant que l'énorme battage médiatique autour du coronavirus n'ait été mis en place. Ici, la pandémie s'est accompagnée de terribles nouvelles pour de nombreux secteurs économiques : cela concerne notamment les annulations massives de circuits et de réservations d'hôtels pour la fin du printemps. Shakespeare avait bien dit de se méfier des ides de mars...

Le radiodiffuseur américain Paul Harvey n’a-t-il pas asséné un jour cet adage : « Dans des moments comme celui-là, c’est important de se rappeler qu'il y a toujours eu des moments comme celui-là »... Ce n'est pas le cas avec ce virus - certainement pas pour notre génération. C'est du clair-obscur : rien de connu jusqu’ici, la pandémie de grippe espagnole, il y a 100 ans, étant la comparaison la plus probable. Et puisque nous sommes d'humeur à faire des citations, souvenons-nous aussi de ce dicton fatal exprimé par les Persans dans ces cas-là : « Ça aussi, ça passera » - ce qui, assurément, arrivera en son temps. Nous ne savons pas encore ce que tout ça va nous coûter.

XVIe Rallye de Majorque Classico

Au moment où j'écris ces lignes, tout est incertain. Les événements se précipitent, ici comme à l'étranger, pendant le black-out. Une nouvelle s’était glissée sous une porte qui s’était fermée rapidement juste après : l’information a circulé pendant une journée entière, avant qu'elle ne soit démentie, elle aussi : l’annonce de la seizième édition du Rallye de Majorque Clasico, depuis sa base habituelle à Porto Portals, puis bien sûr, l’annulation de cet événement. En général, c’est un fantastique rallye classique sur route fermée, étalé sur trois jours, qui se déroule sur 13 pistes spéciales réparties dans toute l'île, chacune gravitant, bien évidemment, vers les montagnes de Tramuntana, avec certaines des meilleures routes de circuit de toute l'Europe.

Malheureusement, je n'avais pas prévu d’y participer cette année : j’avais au programme une randonnée avec une chaise pliante et un sac à dos rempli de sandwiches pour aller contempler des paysages un peu jolis. Il y avait l'habituelle collection, éclectique comme toujours, de voitures avec leurs conducteurs qui se pavanaient dans nos belles contrées : entre la Caterham 620S contemporaine au châssis minuscule, qui fait pourtant rugir un moteur de plus de 300 chevaux, et une glorieuse Merc des années 1950 300 SLS, qui, même toute cabossée, fait ses preuves sur les tronçons les plus difficiles, au coude à coude avec les Allemands venus, fidèles et nombreux, trimballant leurs 911 bruyantes et spectaculaires, qu’ils ont préparées pour la course depuis le continent européen. Au moment où paraîtra cet article, nous saurons s’ils ont réussi à rentrer chez eux, et si oui, quand est-ce qu’ils sont arrivés à la maison...

Le programme social du rallye en lui-même a forcément été réduit : un résultat bien maigre pour les participants - en particulier pour l'organisateur Toni Descallar, qui fournit tant d'efforts pour faire de cet événement haut de gamme l'un des meilleurs rallyes classiques d'Europe.

Gentlemen Driving Majorque

Le club de voitures classiques et sportives Driving Mallorca, dont je suis le gérant depuis cinq ans, a connu un nouvel élan : il repart sur les chapeaux de roues sous le nom de « Gentlemen Driving Mallorca » - le chapitre bien spécifique à Majorque d'un sujet qui se décline dans toutes les régions d’Espagne, à commencer par l'Andalousie. Comme à l'accoutumée, le club va organiser des sorties de conduite et autres sorties sociales dans toute l'île pour ceux qui possèdent une « voiture classique, rapide ou intéressante ». Mais l’enjeu principal, cette fois-ci, c’est de parvenir à organiser des journées de piste : ici, au circuit Llucmajor à l'est de Palma, mais aussi sur le continent espagnol, et sur les circuits de course à couper le souffle d’Ascari, d’Almeria et de Castelloli.

Il convient de souligner ici que le préfixe "Gentlemen" est un hommage aux pilotes amateurs de jadis, qui se joignaient aux professionnels pour disputer ces courses classiques sur route, si typiques des années 1950 et 1960. Ce faisant, ils obtenaient la reconnaissance de leurs pairs. Attention : ne me faites pas dire que je veux exclure les femmes membres, qui étaient déjà à cette époque-là, présentes en grand nombre dans le club, où entre parenthèses elles étaient les bienvenues ! Vous trouverez plus de détails sur les prochains événements et les journées de suivi sur le nouveau site web du Club à l'adresse www.gentlemendriving.com.

½ Milla Moto Tourisme

Passant du quatre roues au deux roues, la course 1/2 Milla Moto Tourisme a eu lieu début mars - un demi-tour de l'île à moto de Palma vers Ses Salines, avant d’obliquer vers Algaida pour finir au Los Ultimos Mohicanos. Je suis toujours impressionné par le nombre et la qualité de certains de ces bolides : ce sont de véritables fusées que serrent entre leurs cuisses beaucoup de ces gens qui travaillent dans l'industrie de la plaisance. Ces engins rugissants sont peut-être l'antidote parfait au rythme anesthésiant et à la paix toute relative de la vie à flot.

Notre petit groupe de skippers de yacht et de fournisseurs de l'industrie - qu’elle soit automobile ou de plaisance - a rejoint les quelque 500 autres coureurs, juchés sur tout et n’importe quoi, des vélos hyper sportifs aux street cruisers, par un grand soleil de printemps et pour une merveilleuse escapade. En quelque sorte, c’est un simple exercice d'échauffement pour le Vuelta Moto Tourisme : un tour complet de l'île auquel participent plusieurs milliers de motos le samedi 18 avril - à coup sûr, une date à cocher dans vos agendas - si ça se concrétise, bien sûr...

Carburez-bien!

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